Accueil Non classé La cueillette des champignons

La cueillette des champignons

0
0
20

La cueillette des champignons

Nanie épluchait les légumes pour faire une soupe, « Elle sera pour ce soir, pour ce midi,  je mangerais bien une omelette aux champignons ».

«  J’avais prévu de réparer la tondeuse ce matin, elle démarre quant elle a le temps, c’est à dire jamais quand j’en ai besoin. »,

« Oui, mais une bonne omelette, c’est bon. »

« Et tu veux quoi comme champignons, des petits roses, des ceps ? Parce que je ne vais pas les trouver au même endroit, la tondeuse attendra cet après-midi ».

Patsi prit les épluchures pour les emmener aux poules, Elles l’attendaient derrière la porte du poulailler. La grise toujours un peu en retrait, reçut sa part, Patsi lui réservait toujours quelques morceaux. Les poules s’éparpillèrent dans l’enclos en se disputant les reliquats : elles adoraient les légumes et se donnaient quelques fois des coups de becs pour essayer de se voler quelques morceaux.

« N’oublie pas ton chapeau, le soleil tape ce matin. »

« Tu ne viens pas avec moi dans le bois ? »

« Non, je veux faire une tarte aux pommes pour cet après-midi, Amélie doit venir avec les enfants et tu sais comme ils l’aiment. »

Patsi enfila ses bottes et sa veste, posa son chapeau sur la tête, pris son panier, son couteau à champignons et ouvrit la porte. Dehors, le soleil de septembre commençait à chauffer. La veille au soir, il avait plu, le temps idéal pour que les champignons poussent.

Leur petite maison était située à la sortie du village, juste à l’entrée de la forêt vers laquelle se dirigeait Patsi, c’ étais là que commencerait la cueillette. Juste à l’orée du bois, les premiers ceps s’étalaient prêts à être cueillis, de magnifiques chapeaux bruns orangés, charnus, renflés, luisant de la rosée du matin. Avec son couteau, il coupa le pied au ras du sol et posa le premier délicatement dans son panier.

« Ça commence bien, je vais sûrement en trouver d’autres dans la clairière près de la croisée des quatre chemins».

Il prit le chemin de droite, celui qui menait au cœur des bois. Les oiseaux chantaient perchés sur les branches . Tac, tac, tac… , un pic vert cognait le tronc d’un grand chêne, deux écureuils se poursuivaient en sautant de branche en branche, de vrais acrobates.

« Tiens, un rossignol qui chante pour sa belle ». Le bel oiseau lançait des notes de musique dans le vent frais du matin. Une fauvette lui répondais dans le lointain, des mésanges chassaient les moucherons dans l’air chargé d’humidité.

Soudain, au détour du chemin, un magnifique cerf le regardait arriver. Campé sur ses jambes puissantes, il le toisais du regard, l’air supérieur , sur de sa force: c’ était le maître des lieux, le roi de la forêt. Beaucoup plus grand que n’importe quel autre animal de la forêt, il se savait le plus fort, le plus puissant. Une biche accompagnée de deux petits faons passèrent tranquillement derrière lui, se faufilant aux plus profond des bois. Pendant ce temps, le grand cerf et Patsi se toisaient à distance du regard. Et puis , sans aucun signe annonciateur, le grand cerf se retourna et disparu dans les sous-bois.

« Quelle rencontre ! Nanie va être jalouse, elle va regretter de ne pas être venu avec moi ».

Ce n’étais pas la première fois qu’il rencontrait biches et cerfs, mais, à chaque fois, c’était un moment magique. Ils apparaissaient et disparaissaient comme par enchantement au détour d’un chemin, Patsi savait très bien qu’ils l’avaient entendu arriver depuis longtemps et que s’ils n’avaient pas voulu être aperçu, ils seraient restés cachés derrière les arbres, il en appréciait encore mieux ce cadeau que les grands animaux lui avaient fais.

Il repris son cheminement et arriva à la clairière dans laquelle il pensait remplir son panier. Au milieu de cet espace, trônait un dolmen, une grande table de pierre dressée là il y a des milliers d’années. Longue de quatre mètres, et posée sur deux énormes pierres qui émergeaient de deux mètres de la terre, on se demandait quel géant avait bien pu soulever ces pierres. On parlait dans certaines légendes de Gargantua, un géant avec un appétit féroce.

Et c’est justement sous ces cailloux que se cachait le roi des champignons, le bolet : majestueux, renflé, le pied charnu et le chapeau brun luisant, il pouvait être large comme une assiette.

Personne n’avait pensé à regarder sous le dolmen et Patsi qui était tombé par hasard dessus se gardait bien de dévoiler son secret. Les champignons avaient besoin d’humidité et de chaleur pour se développer à leur aise. Sous les grandes pierres, ils trouvaient les conditions idéales et devenaient des géants. Tapi dans l’ombre, une dizaine d’entre eux se serraient les uns contre les autres, attendant d’être cueillis. Patsi se pencha pour couper le premier quand une grosse boule de poil déboulant derrière lui , le fit basculer en avant le nez dans les bolets :

« Patou ? Quest ce que tu fais là ? »

Le chien lui répondis en lui débarbouillant le visage avec sa grosse langue douce et chaude en jappant de plaisir. Il lui mit les deux pattes avant sur les épaules, faisant tomber Patsi une nouvelle fois sur le dos.

« Je me suis lavé ce matin, doucement grosse brute. Ou sont tes maîtres ? ».

« Patsi ! ». Ninie suivie de sa maman sauta dans les bras de son grand-père.

« On est sorti toutes les deux, Jean bricole sa vieille voiture, alors tu penses bien que les garçons ne le quittent pas d’une semelle, Ninie tournait en rond et s’ennuyait, on a décidé de partir faire un tour. »

« Vous passez cet après-midi à la maison ? »

« Bien sur, les tartes de Nanie nous attire comme un aimant , elles sont tellement bonnes.»

Patsi finit de ramasser les bolets en les coupant à ras de terre :

« Tu vois, Ninie, c’est important de faire comme ça, ils repoussent mieux et comme ça , on pourra revenir dans deux jours, on en ramassera autant. Il faut garder le coin secret, n’en parle à personne . »

Après la cueillette, ils reprirent le chemin du retour,

« On va passer par le vallon aux fées, je pense trouver des girolles sous les fougères, c’est bon avec une omelette aussi, comme ça tu en auras pour nourrir tes mécaniciens ce midi. »

Patou courait devant en furetant un peu partout, soulevant des pierres avec sa truffe, farfouillant la terre, faisant voler des feuilles et de la terre en l’air. Ninie riait aux éclats en le regardant faire et le suivait tout en ramassant des fleurs. Mélanie et Patsi, tous les deux avec un panier sous le bras les suivaient à distance. Ninie s ’était arrêtée au milieu du chemin : une immense toile d’araignée luisante de rosée barrait le passage, au milieu siégeait une énorme araignée noire et velue. Impossible de passer, le piège barrait tout le chemin. La toile vibrait dans le petit vent matinal, le soleil la faisant briller de mille feux. Impossible de casser une aussi belle réalisation, Patsi prit un bâton et tailla un passage à côté du chemin pour contourner l’obstacle,

« l’araignée a tissé sa toile à cet endroit et il n’y a pas de raison de la déloger de là puisqu’on peut faire autrement », déclara Patsi.

Arrivés dans le petit val, ils soulevèrent les fougères et trouvèrent des girolles : des champignons en forme de petits cornets orangés qui poussent en grand nombre en formant un tapis coloré à l’ombre des fougères. Les cueilleurs finirent de remplir leurs paniers. Pendant ce temps, Nanie ramassait des petites fleurs bleues et blanches à proximité. Elle allongeait la main quand elle vit posé sur un caillou un long ruban gris qui brillait au soleil. Elle resta fascinée par cette drôle de chose et s’ apprêtait à tendre le bras quand une main le lui attrapa :

« Fais attention, c’est un serpent. Il pourrait te mordre ». Sa maman la serra dans ses bras.

« C ’est une couleuvre, elle n’est pas dangereuse. Si tu l’avait dérangée, elle se serait sûrement sauvée, plus effrayée que toi ».

Ils se reculèrent tout doucement pour laisser dormir le serpent.

Pendant ce temps, le chien Patou furetait dans les recoins du vallon. Posé sur une pierre, un gros lézard vert levait la tête. Les deux animaux se toisaient du regard sans bouger. Et puis, le reptile se faufila à la vitesse de l’éclair dans une fissure du rocher. Le chien aboya et fouillant la terre du museau.

« Allez, viens, Patou, on rentre maintenant. ». Mélanie l’attrapa par le collier et le retira en arrière. « Laisse le tranquille, de toutes façons, tu ne pourras pas l’avoir, il est trop vif pour toi ».

Patou se détourna du lézard qui sortait la tête pour le surveiller, Ninie l’appela et le chien courut la rejoindre.

Sur le chemin du retour, Patou et Ninie couraient devant , Mélanie et son père suivaient quelques pas en arrière. Le chien s’éloignait en aboyant sous les arbres, faisant s’envoler des oiseaux, levant des lapins qui détalaient devant lui. Les paniers débordaient de champignons, ils seraient cuisinés le midi même, régalant les petits et les grands.

Arrivés à la lisière de la forêt, Patsi embrassa Ninie et Mélanie et caressa Patou,

« A cet après-midi , on vous attends pour le goûter. »

Patsi prit le chemin de droite, celui qui le menait directement à l’arrière de son jardin. Il ouvrit le portillon et posa son panier à terre pour ramasser une grosse salade, « Elle sera parfaite pour aller avec l’omelette. » Il en salivait d’avance. A côté de la cabane de jardin , il nettoya la laitue en enlevant les premières feuilles et en la passant sous le robinet d’eau froide. Ensuite, il jeta les restes aux poules qui se jetèrent dessus en caquetant . Patsi les regarda faire, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il ne resta rien des feuilles de salade et la grosse rousse, la cheftaine du poulailler se retourna l’air de dire : « Et la suite ? », « Tu ne veux pas non plus que je te serve l’apéritif en plus ? ».

Patsi retourna vers le potager récupérer son panier et ramasser quelques tomates, puis il rentra dans la cuisine ou l’attendais Nanie, « Alors, ces champignons ? Oh dis donc, la cueillette est belle . »

« Oui, j’ai rencontré Mélanie et Ninie qui se promenaient également dans les bois, Jean bricolait sa vieille 2cv avec les garçons. Comme on a trouvé des girolles, Mélanie les a pris pour les cuisiner ce midi, elle m’a dit qu’ils passaient comme convenu cet après-midi. »

Nanie prit un saladier dans lequel elle cassa six œufs qu’elle fouetta pour les mélanger « Commence à nettoyer les ceps, tu les essuies avec un morceau de « Sopalin » et tu me les coupes en lamelles assez fines après. »

Après s’être occupé des champignons, Patsi éplucha quelques gousses d’ ail. Pendant ce temps, Nanie faisait frire avec un peu de beurre les ceps émincés, ensuite, elle rajouta l’ail et finalement versa les œufs battus.

Patsi mit la table pendant que Nanie finissait de cuisiner. Il restait juste à faire une vinaigrette pour accompagner la salade.

Le couvert dressé, il ne restait plus qu’ à se mettre à table. Nanie coupa l’omelette en deux et remplit les deux assiettes. Patsi attrapa le saladier de laitue et servit Nanie.

« Ça se voit que c’est toi qui a lavé la salade » dit Nanie en rigolant.

« pourquoi ? Il reste de la terre dessus ? »

« Non, regarde »

Nanie retourna son assiette .

Posé sur une feuille ,un magnifique escargot les regardait en dégustant une belle feuille verte et tendre de laitue.

  • La petite souris

    La petite souris     Depuis quelques jours, Juju avait une dent qui bougeait et …
  • le printemps

    le printemps     « Aujourd’hui, c’est le Printemps. » « Heureusement…
  • La neige

    La neige       Ce matin, en ouvrant les volets, Mélanie a eu la surprise de trouver le jar…
Charger d'autres articles liés
  • La petite souris

    La petite souris     Depuis quelques jours, Juju avait une dent qui bougeait et …
  • le printemps

    le printemps     « Aujourd’hui, c’est le Printemps. » « Heureusement…
  • La neige

    La neige       Ce matin, en ouvrant les volets, Mélanie a eu la surprise de trouver le jar…
Charger d'autres écrits par ventdesiles
  • La petite souris

    La petite souris     Depuis quelques jours, Juju avait une dent qui bougeait et …
  • le printemps

    le printemps     « Aujourd’hui, c’est le Printemps. » « Heureusement…
  • La neige

    La neige       Ce matin, en ouvrant les volets, Mélanie a eu la surprise de trouver le jar…
Charger d'autres écrits dans Non classé

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Bonjour

Bonjour, Un blog? pour quoi faire? Pour partager des petits textes, des photos et pour app…