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L’étang de la Vallée Verte

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L’étang de la Vallée Verte

 

Jean finissait de remonter le capot de la voiture au moment où Mélanie et Ninie arrivaient à la maison. Jojo et Juju étaient très sale, les mains pleines de cambouis. Heureusement qu’ils avaient mis des vieux vêtements. Mélanie les envoya dans la salle de bains, « Allez hop, je ne veux pas de petits cochons à table ».

« Elle tourne comme une horloge, on va faire un tour jusqu’ à l’étang cet après-midi ? »

« On avait dis à Patsi et Nanie qu’on passerait pour le goûter, ils comptent sur nous, j’ai rencontré Papa ce matin dans les bois. »

« On peut se retrouver près de l’étang, appelle les. »

Mélanie prit le téléphone et composa le numéro de ses parents : « Pas de problème, ils nous rejoignent vers seize heures directement sur place. »

 

Pendant ce temps, les deux garçons étaient montés dans la salle de bain, semant leurs vêtements au passage. Jean les rejoignit pendant que Mélanie et Ninie s’occupaient de cuisiner les champignons ramassés ce matin avec Patsi. Des cris de joie venaient de la salle de bain, Jojo et Juju se jetaient de l’eau au visage et frappaient l’eau du bain du plat de la main, c’était à celui qui éclabousserait le plus.

« Doucement les garçons, vous en mettez partout, allez, frottez un peu, ça ne va pas partir tout seul et puis, il faut que je me lave moi aussi, dépêchez vous un peu si vous voulez aller à l’étang cet après-midi. » 

Les enfants adoraient aller au bord de l’eau. L’été, on pouvait y faire de la barque, pêcher des poissons, pique-niquer et faire la sieste à l’ombre des arbres qui bordaient l’eau.

Tout le monde se mit à table et mangea de bon appétit l’omelette aux girolles, « C’est nous qu’on les a ramassé ce matin », Ninie était très fière de sa cueillette du matin.

« Et ben,nous, on a réparé la voiture avec Papa, Hein Juju ! ».

« On a surtout joué avec les vélos dans la cour ».

« C’est vrai que j’ai passé plus de temps à surveiller ces deux zigotos qu’ à réparer la 2cv, mais, il ne me restait pas grand chose à faire dessus et les garçons étaient content d’être un peu avec moi. »

Après le repas Ninie qui baillait fila à la sieste, les deux garçons coururent dehors pour jouer au vélo. Mélanie et Jean lavèrent la vaisselle et le chien Patou se leva de sous la table pour aller dormir un peu dans son panier. Quelques minutes plus tard, on l’entendait qui ronflait doucement,

« Ce n’est pas lui le plus malheureux, je vais aller chercher les cannes à pêche pour les mettre dans la voiture. »

« Et pendant ce temps là, je vais préparer le pique-nique. »

Sur ces mots, Mélanie s’affaira dans la cuisine. Le téléphona sonna, Jean alla décrocher.

« C’est Nanie, elle nous demande si on peut rester aussi ce soir. »

« pas de problème, on est Samedi, les enfants n’ont pas d’école demain et il fais si beau. »

« D’accord Nanie, on emmène ce qu’il faut pour manger ce soir, à tout l’heure. Oui, oui , vers seize heures là-bas.»

Jean raccrocha et sortit pour mettre son matériel de pêche dans le coffre. Pendant ce temps, Mélanie remplissait le panier avec des bocaux de pâté, des cornichons, des boites de sardines, de la confiture de fraises, celle que préférait Ninie, sans oublier le pain et une grande bouteille d’eau. Elle rajouta des assiettes , des verres et des couverts ainsi que des serviettes et une nappe pour étaler sur une des tables de bois prévues pour manger au bord de l’eau.

 

Après la sieste de Ninie, tout le monde monta dans la voiture , y compris le chien Patou . Pour aller vers l’étang, la route serpentait à travers la campagne. Après avoir traversé le village, elle montait tranquillement sur la colline pour redescendre vers la vallée suivante, celle ou se trouvait l’étang de la vallée verte, le but de la promenade. Dans les champs qui bordaient la route, les vaches blanches et rousses regardaient passer la voiture , l’air étonné : elles voyaient plus souvent des tracteurs que des voitures pleines d’ enfants avec un chien qui passait la tête par la fenêtre les oreilles au vent en leur aboyant dessus. Elles répondaient à Patou en meuglant à leur tour. Au sommet de la colline , le panorama était magnifique. Jean arrêta la voiture et ils descendirent tous pour voir le paysage. Derrière eux, dans le creux, les toits rouge et orange des maisons faisaient des taches colorées accompagnées de quelques toits d’ardoise, formant un joli damier. Juste derrière s’étalait la forêt à perte de vue, elle couvrait tout le fond du tableau et à leurs pieds les champs avec leurs dégradés de vert s’étalaient sur la pente , juste marqués de taches blanches, noires et rousses qui se déplaçaient doucement. Il faisait chaud cet après-midi et de petits moucherons voletaient juste poussé par un petit vent. Le chien sautillait pour les gober au vol. Quatre coups de cloches résonnèrent au clocher de l’église, se répercutant sur les flancs de la colline . « Nanie et Patsi vont nous attendre, allez, tout le monde en voiture. »

Après un dernier virage, la route déboucha au bord de l’eau. Nanie et Patsi étaient déjà arrivés, ils les attendaient assis à une table en regardant le paysage. Un héron , perché sur une patte, détendit son long cou et attrapa un poisson qu’il avala en l’envoyant en l’air pour le faire retomber entre les deux bord de son long bec étroit. Un couple de cormoran perchés sur la branche d’un arbre mort échoué au milieu de l’eau étendaient leurs ailes pour les faire sécher. Une grosse truite sauta en l’air, créant des vaguelettes à la surface. Les grenouilles se turent, troublées par le bruit. Puis, elles reprirent leur concert de croassement.

« On a faim ». Il fallut sortir la tarte de Nanie qui fut avalée rapidement au ravissement des plus grands,

« J’aurais du en faire une deuxième ? » s’interrogea Nanie.

Tout en essuyant les coins de la bouche de Ninie, Mélanie la rassura : « Je crois que si tu en avais fais trois, elles auraient subie le même sort, regardes moi ces gourmands ».

« Mais, j’en ai fais une autre pour nous, sauf que je ne l’ai pas sortie tout de suite. Il faut bien ça pour qu’on puisse la goûter nous aussi. » Et Nanie sortit de son panier une magnifique tarte aux pommes caramélisés, luisante, avec sa croûte dorée, « Celle là, elle est juste pour nous les adultes. »

Les enfants n’en croyaient pas leurs yeux, une aussi belle tarte qu’ils n’auraient pas le droit de manger ? Quelle injustice. Devant la mine dépitée des enfants, les grands éclatèrent de rire.

«  Regardez moi ces pauvres mendiants. Celle là, je l’ai faite pour ce soir, c’est tout. On ne va quand même pas la manger sous votre nez tout de même ».

Rassurés, les trois petits partirent en courant essayer d’attraper des grenouilles pendant que les deux hommes préparaient les cannes à pêche. Il fallait faire un nœud avec le fil fin pour l’ accrocher au bout de la canne, puis, le dérouler doucement en faisant bien attention de ne pas se piquer avec l’hameçon auquel il fallait accrocher une petit ver de terre. Ensuite, il ne restait plus qu’à poser délicatement la ligne sur l’eau. L’hameçon alourdit par un petit plomb coulait au fond de l’eau et le bouchon de liège se redressait , juste posé à fleur d’eau, à moitié immergé, à moitié émergé. Il ne restait plus qu’à poser la canne sur un trépied piqué en terre sur la berge et attendre qu’un poisson veuille bien mordre.

Pendant que les deux hommes s’affairaient près de leur matériel de pêche, les deux femmes s’éloignèrent en longeant la rive, « On fait le tour de l’étang, on revient tout à l’heure. Le enfants viennent avec nous, comme ça vous aurez peut être une chance d’attraper quelque chose. »

Elles partirent toutes les deux, précédées par les trois enfants. L’étang était alimenté par une petite rivière enjambé par un petit pont de bois. Jojo était accroupi au bord de l’eau. Dans quelques centimètre d’eau, à demi caché par les herbes, des dizaines de petits poissons frétillaient.

« Venez vite voir », Jojo se leva rapidement et agita les bras pour appeler les autres. Quand il se retourna, plus rien, les alevins étaient partis. Ou étaient ils passés ?

Juju qui était quelques mètre plus loin l’appela, « Viens voir . Ils sont là maintenant, tu as dû leur faire peur quand tu t’es levé trop vite». Ninie arriva à son tour en courant pour voir les petits poissons qui ,effrayés , partirent aussitôt. « Ben, ou ils sont, tes poissons ? »

« C’est malin, tu leur a fais peur. »

Jojo qui était revenu vers le premier endroit ou il les avait vu la première fois les appela.

« Venez voir, mais doucement ». Les alevins s’étaient tous regroupés dans la petite anse exactement à l’endroit où Jojo les avait découvert. Une belle grenouille verte , une reinette, posée sur une grande feuille de nénuphar les regardait. Ninie s’accroupit et l’imita  : « Croaa, croaa » .

La grenouille lui répondit, ce qui fit rire les deux garçons.La reinette plongea et ressortit de l’autre côté de la feuille de nénuphar, laissant juste sortir sa tête de l’eau, méfiante.

« Regardez, Papa a pêché quelque chose » . Jojo désignait l’autre bord de l’étang ou Jean levait sa canne où bout de laquelle brillait un gros poisson argenté. « C’est une truite »affirma Jojo. Patsi tendit l’épuisette pour la passer sous le poisson qui d’un coup de queue se détacha et retomba dans l’eau.

« heureusement qu’on ne compte pas sur la pêche pour manger ce soir » déclara Nanie.

En suivant le chemin, ils passèrent sous les saules pleureurs qui plongeaient leurs longues branches dans l’eau. A proximité, deux grands cygnes glissaient sur l’eau, sans bruit. Le plus petit des deux allongea son long cou pour fouiller sous l’eau. Un peu plus loin, une petite troupe de canard se promenait sur l’eau, cancanant et nageant en rang serré.

 

Une demi-heure plus tard, la petite troupe ayant fini le tour était revenu à leur point de départ.

« Chut pas de bruit » . Mélanie s’avançait doucement, « Regardez ».

Patsi s’était endormi à l’ombre d’un chêne. Elle s’approcha doucement et chatouilla le nez de son père , celui-ci bougea doucement et ouvrit un œil. Il ouvrit de grands yeux : « Ça alors, ce n’est pas banal ». Un crapaud s’était installé sur son ventre et le regardais.

« Croa » lui dit le crapaud

« Croa » lui répondis Patsi et le crapaud descendit tranquillement de son perchoir.

L’après-midi s’étirait tout doucement, Le soir arrivait, il était temps de se mettre à table pour le repas du soir. Tout le monde mangea de bon appétit. Le soleil orangé commençait à baisser sur l’horizon et passait tout doucement derrière la colline enflammant le ciel de ses derniers rayons. Il était temps de rentrer. Jean et Patsi ramassèrent les cannes à pêche pendant que Nanie et Mélanie finissaient de ramasser les reste du pique-nique. Juste au moment de se quitter, des petits claquements secs leur firent lever la tête, les deux cygnes venaient de s’envoler et passaient au dessus de leurs têtes pour les saluer.

 

 

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